





Le marché de l'agriculture régénérative a accompli des progrès remarquables. Nous sommes désormais capables de mesurer, vérifier et certifier les stockages de carbone dans les sols avec une précision croissante, tout en quantifiant les bénéfices plus larges de l'agriculture régénérative sur la santé des sols, la biodiversité, l'eau et la résilience des exploitations face aux aléas climatiques. Mais sous la surface de ces avancées subsiste une question fondamentale, encore sans réponse : une fois le carbone stocké dans le sol, qu'est-ce qui garantit qu'il y reste ?
Aujourd'hui, la réponse du marché repose sur des programmes de surveillance et des réserves tampons. Ces outils permettent de détecter les inversions (c'est-à-dire le relargage de carbone précédemment stocké dans le sol) et de les corriger au niveau du programme. Mais détecter n'est pas prévenir. Et tandis que les nouveaux cadres réglementaires s'apprêtent à rehausser les exigences en matière de permanence, l'écart entre ce que les standards exigent et ce dont le marché a réellement besoin devient impossible à ignorer.
Cet article explore pourquoi la permanence du carbone dans les sols est la prochaine frontière du marché de l'agriculture régénérative, ce qui change du côté réglementaire, et comment un nouveau mécanisme financier que nous avons appelé le Fonds de Permanence offre une solution concrète et scalable, dont d'autres acteurs pourront s'inspirer et sur laquelle ils pourront s'appuyer.
L'approche actuelle de la permanence du carbone dans les sols repose sur deux piliers : la surveillance continue et les mécanismes d'intégrité du programme, comme les réserves tampons. En théorie, la surveillance permet de suivre si le carbone reste bien stocké dans le sol au fil du temps. Les réserves tampons mettent de côté un pourcentage des investissements dans la transition Regen Ag pour compenser les éventuelles inversions détectées à l'échelle du programme.
Sur le papier, cela semble satisfaisant. Dans la pratique, ce dispositif présente un défaut majeur : il est entièrement réactif. Ces mécanismes peuvent identifier les inversions qui se produisent et ajuster les comptes du programme en annulant les unités concernées. Mais ils ne font rien pour empêcher ces gains d'être annulés en premier lieu.
Voyez-le ainsi : c'est comme installer des détecteurs de fumée dans un bâtiment, sans pour autant aider l'occupant à éteindre le feu à l’aide d’un extincteur. On se concentre sur la détection du problème, mais pas sur la réduction des que l'incendie se propage.

Au cœur du défi de permanence se trouve une réalité économique simple. Les agriculteurs sont rémunérés pour engager leur transition vers des pratiques régénératives et pour générer des stockages de carbone dans les sols, avec des bénéfices associés sur la biodiversité et l'eau. Mais une fois ce premier paiement effectué, le marché n'offre généralement aucune incitation financière continue à maintenir ces pratiques dans les années suivantes.
L'hypothèse implicite est que les bénéfices agronomiques d'une transition de cinq années environ (amélioration de la santé des sols, meilleure rétention d'eau, réduction de l'érosion) suffiront à maintenir les agriculteurs sur la bonne trajectoire. Pour certains, c'est peut-être vrai. Mais pour beaucoup, en particulier ceux qui opèrent avec de faibles marges, des pressions extérieures comme la volatilité des prix des matières premières ou les aléas climatiques peuvent faire basculer l'équilibre. Cinq ans représentent à peine une rotation culturale complète, une échelle de temps encore courte dans le monde agricole. Sans motivation financière supplémentaire, le risque d'inversion reste donc structurellement ancré dans le marché.
Deux évolutions réglementaires majeures vont remodeler le paysage agricole européen. Le Cadre de Certification de l'Élimination du Carbone (CRCF) de l'Union européenne devrait finaliser ses exigences pour l'agriculture au premier semestre 2026, et le Land Sector and Removals Standard (LSRS) du GHG Protocol a désormais été publié.
Les deux cadres convergent sur un point critique : pour que les stockages de carbone dans les sols soient considérés comme permanents, ils doivent faire l'objet d'une surveillance continue. C'est une avancée significative. Elle signale que les régulateurs et les normalisateurs reconnaissent que se contenter d'exiger des engagements initiaux de surveillance sur 40 ans ou plus peut créer un faux sentiment de sécurité, tout en reflétant leur compréhension du risque d'impermanence inhérent au stockage de carbone dans les sols.
Cependant, ni le CRCF ni le LSRS ne prescriront la manière dont les programmes de stockage carbone doivent aligner les incitations des agriculteurs avec ces exigences de permanence. Ils diront au marché comment surveiller, mais pas comment prévenir.
C'est un vide structurel. Lorsque ces standards entreront en vigueur, l'attention du marché se déplacera légitimement de « quelles sont les règles ? » vers « comment les programmes régénératifs s'adaptent-ils aux exigences réglementaires en évolution ? ». Les programmes qui ne peuvent s'appuyer que sur la surveillance et les réserves tampons passeront à côté d'un ingrédient clé. Chez Soil Capital, nous considérons qu'il est de notre responsabilité de construire proactivement des mécanismes pour prévenir les inversions et pas seulement les détecter, afin d'être mieux armés pour les gérer.
Pour en savoir plus : Aller plus loin : Vous souhaitez comprendre les implications complètes du CRCF et du LSRS pour votre stratégie d'agriculture régénérative ? Nous avons organisé un webinaire pour décrypter les dernières évolutions de ces deux cadres et présenter le Fonds de Permanence en détail.
👉 Voir le replay : CRCF & LSRS — Quel impact pour vos stratégies d'agriculture régénérative ?

Le Fonds de Permanence de Soil Capital est conçu pour résoudre le déficit d'incitation à la source. Plutôt que de s'appuyer uniquement sur les bénéfices agronomiques pour maintenir les agriculteurs engagés, il crée une récompense financière directe pour ceux qui maintiennent leurs stockages de carbone sur le long terme. Voici son fonctionnement :

Pour les entreprises qui investissent dans l'agriculture régénérative, la crédibilité de leurs engagements climatiques dépend de la durabilité des résultats qu'elles financent. Chaque inversion, qu'elle soit corrigée au niveau du programme ou non, fragilise le discours et crée des complications en matière de reporting.
En incitant financièrement les agriculteurs à maintenir leurs pratiques, le Fonds de Permanence de Soil Capital réduit structurellement ce risque. Il transforme l'impact à long terme d'un espoir passif en un engagement actif et financé. Cela signifie des engagements plus solides et plus défendables pour les entreprises partenaires, soutenus par un mécanisme qui va au-delà du standard du marché.
Avec le CRCF et le LSRS qui s'apprêtent à rehausser les exigences en matière de permanence, les entreprises qui attendent l'entrée en vigueur des réglementations risquent de se retrouver à devoir s'adapter dans l'urgence. Celles qui agissent dès maintenant, en choisissant des programmes qui traitent déjà le déficit d'incitations, se positionnent en avance sur les évolutions à venir. En partageant ouvertement les détails de notre approche, nous espérons susciter un engagement bien plus large du marché sur ce sujet et voir émerger des structures similaires.
Le Fonds de Permanence n'est pas un concept théorique ni une feuille de route pour demain. Il est déjà opérationnel et intégré à l'offre de Soil Capital, et il est le premier programme à récompenser financièrement les agriculteurs pour la permanence à long terme. Pas en théorie. En pratique.
Nous sommes convaincus que la meilleure façon de se préparer aux nouveaux standards est de commencer à construire dès maintenant.
Que vous cherchiez à réduire l'empreinte environnementale de votre chaîne d'approvisionnement ou à contribuer à la transition régénérative au-delà de celle-ci, le Fonds de Permanence renforce chaque Soil Capital Unit que vous achetez.
Découvrez nos deux voies vers l'action pour le climat :
🌱 Insetting :réduisez vos émissions de Scope 3 en investissant dans l'agriculture régénérative au sein de votre bassin d'approvisionnement.
Découvrez notre offre Insetting
🌍 Contribution :soutenez localement des agriculteurs régénérateurs et contribuez à l'objectif global Net Zéro, indépendamment de votre chaîne d'approvisionnement.
Découvrez notre offre Contribution
Prêt à anticiper les évolutions réglementaires et à renforcer votre stratégie climatique ?
Contactez notre équipe.


Le marché de l'agriculture régénérative a accompli des progrès remarquables. Nous sommes désormais capables de mesurer, vérifier et certifier les stockages de carbone dans les sols avec une précision croissante, tout en quantifiant les bénéfices plus larges de l'agriculture régénérative sur la santé des sols, la biodiversité, l'eau et la résilience des exploitations face aux aléas climatiques. Mais sous la surface de ces avancées subsiste une question fondamentale, encore sans réponse : une fois le carbone stocké dans le sol, qu'est-ce qui garantit qu'il y reste ?
Aujourd'hui, la réponse du marché repose sur des programmes de surveillance et des réserves tampons. Ces outils permettent de détecter les inversions (c'est-à-dire le relargage de carbone précédemment stocké dans le sol) et de les corriger au niveau du programme. Mais détecter n'est pas prévenir. Et tandis que les nouveaux cadres réglementaires s'apprêtent à rehausser les exigences en matière de permanence, l'écart entre ce que les standards exigent et ce dont le marché a réellement besoin devient impossible à ignorer.
Cet article explore pourquoi la permanence du carbone dans les sols est la prochaine frontière du marché de l'agriculture régénérative, ce qui change du côté réglementaire, et comment un nouveau mécanisme financier que nous avons appelé le Fonds de Permanence offre une solution concrète et scalable, dont d'autres acteurs pourront s'inspirer et sur laquelle ils pourront s'appuyer.
L'approche actuelle de la permanence du carbone dans les sols repose sur deux piliers : la surveillance continue et les mécanismes d'intégrité du programme, comme les réserves tampons. En théorie, la surveillance permet de suivre si le carbone reste bien stocké dans le sol au fil du temps. Les réserves tampons mettent de côté un pourcentage des investissements dans la transition Regen Ag pour compenser les éventuelles inversions détectées à l'échelle du programme.
Sur le papier, cela semble satisfaisant. Dans la pratique, ce dispositif présente un défaut majeur : il est entièrement réactif. Ces mécanismes peuvent identifier les inversions qui se produisent et ajuster les comptes du programme en annulant les unités concernées. Mais ils ne font rien pour empêcher ces gains d'être annulés en premier lieu.
Voyez-le ainsi : c'est comme installer des détecteurs de fumée dans un bâtiment, sans pour autant aider l'occupant à éteindre le feu à l’aide d’un extincteur. On se concentre sur la détection du problème, mais pas sur la réduction des que l'incendie se propage.

Au cœur du défi de permanence se trouve une réalité économique simple. Les agriculteurs sont rémunérés pour engager leur transition vers des pratiques régénératives et pour générer des stockages de carbone dans les sols, avec des bénéfices associés sur la biodiversité et l'eau. Mais une fois ce premier paiement effectué, le marché n'offre généralement aucune incitation financière continue à maintenir ces pratiques dans les années suivantes.
L'hypothèse implicite est que les bénéfices agronomiques d'une transition de cinq années environ (amélioration de la santé des sols, meilleure rétention d'eau, réduction de l'érosion) suffiront à maintenir les agriculteurs sur la bonne trajectoire. Pour certains, c'est peut-être vrai. Mais pour beaucoup, en particulier ceux qui opèrent avec de faibles marges, des pressions extérieures comme la volatilité des prix des matières premières ou les aléas climatiques peuvent faire basculer l'équilibre. Cinq ans représentent à peine une rotation culturale complète, une échelle de temps encore courte dans le monde agricole. Sans motivation financière supplémentaire, le risque d'inversion reste donc structurellement ancré dans le marché.
Deux évolutions réglementaires majeures vont remodeler le paysage agricole européen. Le Cadre de Certification de l'Élimination du Carbone (CRCF) de l'Union européenne devrait finaliser ses exigences pour l'agriculture au premier semestre 2026, et le Land Sector and Removals Standard (LSRS) du GHG Protocol a désormais été publié.
Les deux cadres convergent sur un point critique : pour que les stockages de carbone dans les sols soient considérés comme permanents, ils doivent faire l'objet d'une surveillance continue. C'est une avancée significative. Elle signale que les régulateurs et les normalisateurs reconnaissent que se contenter d'exiger des engagements initiaux de surveillance sur 40 ans ou plus peut créer un faux sentiment de sécurité, tout en reflétant leur compréhension du risque d'impermanence inhérent au stockage de carbone dans les sols.
Cependant, ni le CRCF ni le LSRS ne prescriront la manière dont les programmes de stockage carbone doivent aligner les incitations des agriculteurs avec ces exigences de permanence. Ils diront au marché comment surveiller, mais pas comment prévenir.
C'est un vide structurel. Lorsque ces standards entreront en vigueur, l'attention du marché se déplacera légitimement de « quelles sont les règles ? » vers « comment les programmes régénératifs s'adaptent-ils aux exigences réglementaires en évolution ? ». Les programmes qui ne peuvent s'appuyer que sur la surveillance et les réserves tampons passeront à côté d'un ingrédient clé. Chez Soil Capital, nous considérons qu'il est de notre responsabilité de construire proactivement des mécanismes pour prévenir les inversions et pas seulement les détecter, afin d'être mieux armés pour les gérer.
Pour en savoir plus : Aller plus loin : Vous souhaitez comprendre les implications complètes du CRCF et du LSRS pour votre stratégie d'agriculture régénérative ? Nous avons organisé un webinaire pour décrypter les dernières évolutions de ces deux cadres et présenter le Fonds de Permanence en détail.
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Le Fonds de Permanence de Soil Capital est conçu pour résoudre le déficit d'incitation à la source. Plutôt que de s'appuyer uniquement sur les bénéfices agronomiques pour maintenir les agriculteurs engagés, il crée une récompense financière directe pour ceux qui maintiennent leurs stockages de carbone sur le long terme. Voici son fonctionnement :

Pour les entreprises qui investissent dans l'agriculture régénérative, la crédibilité de leurs engagements climatiques dépend de la durabilité des résultats qu'elles financent. Chaque inversion, qu'elle soit corrigée au niveau du programme ou non, fragilise le discours et crée des complications en matière de reporting.
En incitant financièrement les agriculteurs à maintenir leurs pratiques, le Fonds de Permanence de Soil Capital réduit structurellement ce risque. Il transforme l'impact à long terme d'un espoir passif en un engagement actif et financé. Cela signifie des engagements plus solides et plus défendables pour les entreprises partenaires, soutenus par un mécanisme qui va au-delà du standard du marché.
Avec le CRCF et le LSRS qui s'apprêtent à rehausser les exigences en matière de permanence, les entreprises qui attendent l'entrée en vigueur des réglementations risquent de se retrouver à devoir s'adapter dans l'urgence. Celles qui agissent dès maintenant, en choisissant des programmes qui traitent déjà le déficit d'incitations, se positionnent en avance sur les évolutions à venir. En partageant ouvertement les détails de notre approche, nous espérons susciter un engagement bien plus large du marché sur ce sujet et voir émerger des structures similaires.
Le Fonds de Permanence n'est pas un concept théorique ni une feuille de route pour demain. Il est déjà opérationnel et intégré à l'offre de Soil Capital, et il est le premier programme à récompenser financièrement les agriculteurs pour la permanence à long terme. Pas en théorie. En pratique.
Nous sommes convaincus que la meilleure façon de se préparer aux nouveaux standards est de commencer à construire dès maintenant.
Que vous cherchiez à réduire l'empreinte environnementale de votre chaîne d'approvisionnement ou à contribuer à la transition régénérative au-delà de celle-ci, le Fonds de Permanence renforce chaque Soil Capital Unit que vous achetez.
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