article

CRCF: comprendre le premier cadre européen de certification carbone agricole

24 juin 2026

Pendant des années, financer la transition vers une agriculture régénératrice a relevé du casse-tête. D’un côté, les standards volontaires du marché du carbone (Verra, Gold Standard) pour la compensation et les contributions climatiques. De l’autre, des standards émergents (LSRS, SBTi FLAG) pour l’insetting et le Scope 3. Et à part, les programmes publics comme les éco-régimes de la PAC, ou le Sustainable Farming Incentive au Royaume-Uni. Trois mondes, trois logiques, aucune passerelle entre finance publique et finance privée.

Le CRCF change cela. C’est le premier standard de qualité européen, soutenu par les pouvoirs publics, pour certifier les absorptions et les réductions d’émissions de carbone des sols. Et par conception, il va au-delà du carbone : chaque projet doit aussi améliorer la santé des sols et la biodiversité. Un seul référentiel, tous les usages. Voici ce qu’il faut comprendre, comment il fonctionne, et pourquoi 2026 est une année charnière pour l’agriculture.

1. Qu'est-ce que le CRCF ?

Le CRCF, pour Carbon Removal and Carbon Farming Framework, est le règlement (UE) 2024/3012, entré en vigueur en décembre 2024. C’est le premier standard de qualité européen, soutenu par les pouvoirs publics, pour certifier des absorptions et des réductions d’émissions de carbone des sols de haute qualité. Sa promesse tient en une phrase : un seul référentiel, tous les usages.‍

Les points clés à retenir 

1. Le CRCF est le premier cadre européen soutenu par les pouvoirs publics de certification du carbone des sols (règlement UE 2024/3012), et il récompense plus que le carbone : la santé des sols et la biodiversité y sont intégrées.

2. Un seul référentiel pour plusieurs usages : reporting Scope 3 CSRD (ESRS E1-7), intégration aux dispositifs de subventions publiques et les réglementations, et financement provenant de l'extérieur de la chaîne de valeur ( allégations de contributions ou de compensation).

3. La certification repose sur quatre critères de qualité: la quantification, l'additionnalité, le stockage à long terme et la durabilité.

4. Calendrier : adoption des méthodologies à l'automne 2026; les premières unitées de CRCF (issus de la récolte 2027) seront livrés aux acheteurs au cours du premier semestre 2028.

5. Soil Capital au sein du groupe d'experts de la CRCF au nom de la Climate Agriculture Alliance au nom de la Climate Agriculture Alliance et adapte d'ores et déjà son programme aux exigences à venir.


Les dates clés sur le CRCF

Le CRCF se déploie par étapes. Pour les projets agricoles, voici les jalons qui comptent.

Le message est clair : les premières unités CRCF agricoles arriveront aux acheteurs au premier semestre 2028, sur la base de la récolte 2027. Autrement dit, les démarches engagées dès maintenant sont celles qui généreront les toutes premières unités certifiées.


2. Pourquoi le CRCF a-t-il été créé ?

Le problème : un paysage fragmenté

Jusqu’ici, le carbone agricole reposait sur des standards volontaires et sur des critères publics, sans cadre adossé aux pouvoirs publics pour unir finance publique et finance privée. Pour une filière, cela voulait dire des règles différentes selon l’usage visé, des projets impossibles à comparer, et un besoin permanent de due diligence pour garantir l’intégrité. Pour l’agriculteur, cela signifiait surtout devoir choisir un guichet de financement à la fois, sans pouvoir les cumuler.

Le CRCF répond à ce morcellement. Il établit un seul jeu de pratiques, vérifié une fois, éligible à la fois aux financements privés et publics. C’est un grand pas vers une meilleure économie pour l’agriculteur, et vers la transformation des filières à grande échelle. Pour les entreprises de l’agroalimentaire, cela signifie qu’elles n’ont plus à être les seules à payer la transition.‍


Un cadre pris très au sérieux par l’Union européenne

Le CRCF n’est pas un standard isolé : il s’inscrit au cœur de la stratégie climatique européenne. La récente communication de la Commission, A Vision for Agriculture and Food (février 2025), le positionne comme l’outil destiné à harmoniser le carbon farming et les absorptions de carbone à l’échelle de l’Union. La Commission finance par ailleurs l’analyse des financements adossés au CRCF, notamment une étude Deloitte pour la DG CLIMA sur la manière d’orienter les capitaux vers le carbon farming. Et le cadre gagne en concret : via la stratégie européenne pour la bioéconomie (novembre 2025), la Commission a lancé l’EU Buyers’ Club, une place de marché volontaire qui agrège la demande d’unités certifiées CRCF. Pour le carbon farming, la Commission a indiqué qu’elle pourrait aller plus loin avec des appels à projets CRCF à l’échelle de l’Union, conçus pour attirer des investissements publics et privés et pour réunir des gestionnaires de terres d’une même région au sein de consortiums, afin de développer des projets à une échelle vaste et transformatrice tout en apportant des bénéfices clairs pour la biodiversité et la protection des écosystèmes.


3. Comment fonctionne le CRCF ?

Pour être certifiée, une activité doit satisfaire quatre critères de qualité cumulatifs. Aucun n’est optionnel, et c’est leur combinaison qui fait la valeur d’une unité CRCF.

Une quantification robuste. Les absorptions et réductions doivent être quantifiées avec rigueur. Lorsque l’on recourt à des modèles, les modèles fondés sur les processus les plus sophistiqués sont exigés, combinés à de l’échantillonnage de sol ; une approche directe de mesure et remesure est également permise. Dans tous les cas, l’incertitude doit être quantifiée, on raisonne donc en absorptions nettes assorties de marges d’incertitude, et non en estimations théoriques. La rigueur de la donnée devient la condition d’accès au marché.

L'additionalité. L’activité doit démontrer un surplus réglementaire (aller au-delà de ce que la loi impose), un effet incitatif (la certification change réellement le comportement) et sa viabilité financière. Le traitement des subventions doit être explicite, pour garantir qu’un même euro public et privé ne finance pas deux fois la même chose.

Le stockage à long terme. L’opérateur doit assurer un monitoring continu et mettre en place un mécanisme de responsabilité en cas de déstockage : généralement un buffer (une part d’unités mises de côté pour être retirées à la place de celles qui seraient déstockées ensuite), ou une assurance. C’est le critère qui traite la question de la permanence, c’est-à-dire la garantie que le carbone stocké le reste dans la durée.

La durabilité. Toute activité doit générer des co-bénéfices pour la biodiversité et la santé des sols. Ce n’est pas une option, mais une condition d’éligibilité, qui ancre le CRCF dans une logique agronomique, et non purement comptable : le cadre est, par conception, plus qu’une affaire de carbone.

La permanence, au cœur du critère de stockage

Le carbone stocké dans un sol est par nature réversible, et le CRCF l’assume en exigeant un monitoring continu et un mécanisme de responsabilité. La qualité d’un programme se jugera donc largement à sa capacité à garantir la durée, et pas seulement à mesurer un stock à un instant donné. C’est un point de convergence avec le LSRS, (Land Sector and Removals Standard) du GHG Protocol, dont les exigences pour les absorptions s’alignent fortement avec celles du CRCF : modèles fondés sur les processus et échantillonnage de sol avec calcul d’incertitude (la mesure et remesure étant aussi acceptée), monitoring continu, et démonstration de causalité côté SBTi FLAG. Nous décryptons ces convergences dans notre webinaire consacré au CRCF et à la norme LSRS.

Au-delà du buffer exigé par le CRCF, qui met de côté une part d’unités pour couvrir d’éventuels déstockages, Soil Capital a conçu un mécanisme distinct, son « Fond de permanence ». C’est une incitation financière qui récompense les agriculteurs pour le maintien de leurs pratiques dans la durée. En alignant l’intérêt financier de l’agriculteur sur le besoin de permanence du marché, il renforce la solidité des allégations des entreprises qui financent ces unités.‍

Ce que cela implique pour les entreprises

Pour les entreprises de l’agroalimentaire, le CRCF apporte un référentiel commun et crédible, directement mobilisable pour le reporting Scope 3 et CSRD (ESRS E1-7). Les unités CRCF peuvent aussi alimenter les dispositifs de subventions publiques et la réglementation, ou appuyer des allégations de contribution (BVCM). Surtout, en réunissant finance publique et privée autour d’un même standard, le CRCF met fin à une situation où les acteurs de l’agroalimentaire étaient souvent les seuls à financer la transition. La certification s’appuie sur une vérification indépendante, ce qui permet aux équipes développement durable de défendre leurs allégations preuves à l’appui, plutôt que de s’en remettre à la seule réputation d’un standard.‍


4. Ce que le CRCF change pour les filières et les agriculteurs

Le grand apport du CRCF est l’unification des financements. Un seul jeu de pratiques, vérifié une fois, devient éligible aux financements privés comme publics. Le règlement reconnaît d’ailleurs les groupements (coopératives, organisations de producteurs) comme acteurs éligibles, avec des audits de groupe qui mutualisent les coûts et ouvrent la certification à des collectifs entiers plutôt qu’à quelques fermes isolées.

Pour une coopérative ou un collecteur, cela ouvre la voie à des modèles où primes de filière, financements privés et soutiens publics se combinent au lieu de s’exclure. C’est un grand pas vers une meilleure économie pour l’agriculteur, et vers la transformation à l’échelle d’une filière entière. Les données produites étant compatibles avec le GHG Protocol et SBTi FLAG, elles servent aussi directement au reporting des entreprises de la chaîne de valeur.‍


5. Soil Capital face au CRCF

Comment Soil Capital s’aligne

Soil Capital est pleinement engagé à se conformer au CRCF dès sa finalisation. Critère par critère, le programme répond déjà aux exigences : sur la quantification, nous utilisons un modèle fondé sur les processus, DNDC (carbone et azote), initialisé par des analyses de sol, avec des absorptions nettes assorties de marges d’incertitude ; sur l’additionnalité, un test public, aligné sur la norme ISO 14064-2 et audité indépendamment, avec un traitement explicite des subventions ; sur le stockage long terme, une permanence appuyée par une télédétection continue, un buffer qui met de côté une part d’unités pour couvrir d’éventuels déstockages, et le Permanence Fund, une incitation financière distincte pour que les agriculteurs maintiennent leurs pratiques dans la durée ; sur la durabilité, le suivi de la biodiversité, de la santé des sols et de l’eau via les indicateurs Beyond Carbon.

Le programme de Soil Capital est déjà validé au regard de standards reconnus : il est aligné sur la norme ISO 14064-2 et a été évalué par SustainCERT au regard du GHG Protocol Scope 3 Standard et du projet de LSRG. Nous nous appuierons sur ces alignements existants pour confirmer la conformité CRCF une fois la méthodologie finale adoptée. Selon leurs besoins, les entreprises s’engagent par l'insetting pour réduire leur Scope 3 au sein de leur bassin d’approvisionnement, ou par la contribution au-delà de celui-ci.

Votre chaîne de valeur est-elle prête pour le CRCF ?

Évaluez votre niveau de préparation en deux minutes avec notre auto-évaluation CRCF (uniquement disponible en version anglaise). Vous obtenez un score indicatif et quelques pistes personnalisées, et surtout une lecture claire du facteur le plus déterminant : la qualité du MRV de votre partenaire de certification et des unités CRCF qu’il peut délivrer.‍

Faites un pas vers nous

S'inscrire à l'événement

Prénom*
Nom de famille*
Nom de l'entreprise*
E-mail*
Numéro de téléphone
Merci!
Accédez au contenu maintenant :
Télécharger maintenantTélécharger maintenant
Oups ! Un problème s'est produit lors de l'envoi du formulaire.
Table des matières

Pendant des années, financer la transition vers une agriculture régénératrice a relevé du casse-tête. D’un côté, les standards volontaires du marché du carbone (Verra, Gold Standard) pour la compensation et les contributions climatiques. De l’autre, des standards émergents (LSRS, SBTi FLAG) pour l’insetting et le Scope 3. Et à part, les programmes publics comme les éco-régimes de la PAC, ou le Sustainable Farming Incentive au Royaume-Uni. Trois mondes, trois logiques, aucune passerelle entre finance publique et finance privée.

Le CRCF change cela. C’est le premier standard de qualité européen, soutenu par les pouvoirs publics, pour certifier les absorptions et les réductions d’émissions de carbone des sols. Et par conception, il va au-delà du carbone : chaque projet doit aussi améliorer la santé des sols et la biodiversité. Un seul référentiel, tous les usages. Voici ce qu’il faut comprendre, comment il fonctionne, et pourquoi 2026 est une année charnière pour l’agriculture.

1. Qu'est-ce que le CRCF ?

Le CRCF, pour Carbon Removal and Carbon Farming Framework, est le règlement (UE) 2024/3012, entré en vigueur en décembre 2024. C’est le premier standard de qualité européen, soutenu par les pouvoirs publics, pour certifier des absorptions et des réductions d’émissions de carbone des sols de haute qualité. Sa promesse tient en une phrase : un seul référentiel, tous les usages.‍

Les points clés à retenir 

1. Le CRCF est le premier cadre européen soutenu par les pouvoirs publics de certification du carbone des sols (règlement UE 2024/3012), et il récompense plus que le carbone : la santé des sols et la biodiversité y sont intégrées.

2. Un seul référentiel pour plusieurs usages : reporting Scope 3 CSRD (ESRS E1-7), intégration aux dispositifs de subventions publiques et les réglementations, et financement provenant de l'extérieur de la chaîne de valeur ( allégations de contributions ou de compensation).

3. La certification repose sur quatre critères de qualité: la quantification, l'additionnalité, le stockage à long terme et la durabilité.

4. Calendrier : adoption des méthodologies à l'automne 2026; les premières unitées de CRCF (issus de la récolte 2027) seront livrés aux acheteurs au cours du premier semestre 2028.

5. Soil Capital au sein du groupe d'experts de la CRCF au nom de la Climate Agriculture Alliance au nom de la Climate Agriculture Alliance et adapte d'ores et déjà son programme aux exigences à venir.


Les dates clés sur le CRCF

Le CRCF se déploie par étapes. Pour les projets agricoles, voici les jalons qui comptent.

Le message est clair : les premières unités CRCF agricoles arriveront aux acheteurs au premier semestre 2028, sur la base de la récolte 2027. Autrement dit, les démarches engagées dès maintenant sont celles qui généreront les toutes premières unités certifiées.


2. Pourquoi le CRCF a-t-il été créé ?

Le problème : un paysage fragmenté

Jusqu’ici, le carbone agricole reposait sur des standards volontaires et sur des critères publics, sans cadre adossé aux pouvoirs publics pour unir finance publique et finance privée. Pour une filière, cela voulait dire des règles différentes selon l’usage visé, des projets impossibles à comparer, et un besoin permanent de due diligence pour garantir l’intégrité. Pour l’agriculteur, cela signifiait surtout devoir choisir un guichet de financement à la fois, sans pouvoir les cumuler.

Le CRCF répond à ce morcellement. Il établit un seul jeu de pratiques, vérifié une fois, éligible à la fois aux financements privés et publics. C’est un grand pas vers une meilleure économie pour l’agriculteur, et vers la transformation des filières à grande échelle. Pour les entreprises de l’agroalimentaire, cela signifie qu’elles n’ont plus à être les seules à payer la transition.‍


Un cadre pris très au sérieux par l’Union européenne

Le CRCF n’est pas un standard isolé : il s’inscrit au cœur de la stratégie climatique européenne. La récente communication de la Commission, A Vision for Agriculture and Food (février 2025), le positionne comme l’outil destiné à harmoniser le carbon farming et les absorptions de carbone à l’échelle de l’Union. La Commission finance par ailleurs l’analyse des financements adossés au CRCF, notamment une étude Deloitte pour la DG CLIMA sur la manière d’orienter les capitaux vers le carbon farming. Et le cadre gagne en concret : via la stratégie européenne pour la bioéconomie (novembre 2025), la Commission a lancé l’EU Buyers’ Club, une place de marché volontaire qui agrège la demande d’unités certifiées CRCF. Pour le carbon farming, la Commission a indiqué qu’elle pourrait aller plus loin avec des appels à projets CRCF à l’échelle de l’Union, conçus pour attirer des investissements publics et privés et pour réunir des gestionnaires de terres d’une même région au sein de consortiums, afin de développer des projets à une échelle vaste et transformatrice tout en apportant des bénéfices clairs pour la biodiversité et la protection des écosystèmes.


3. Comment fonctionne le CRCF ?

Pour être certifiée, une activité doit satisfaire quatre critères de qualité cumulatifs. Aucun n’est optionnel, et c’est leur combinaison qui fait la valeur d’une unité CRCF.

Une quantification robuste. Les absorptions et réductions doivent être quantifiées avec rigueur. Lorsque l’on recourt à des modèles, les modèles fondés sur les processus les plus sophistiqués sont exigés, combinés à de l’échantillonnage de sol ; une approche directe de mesure et remesure est également permise. Dans tous les cas, l’incertitude doit être quantifiée, on raisonne donc en absorptions nettes assorties de marges d’incertitude, et non en estimations théoriques. La rigueur de la donnée devient la condition d’accès au marché.

L'additionalité. L’activité doit démontrer un surplus réglementaire (aller au-delà de ce que la loi impose), un effet incitatif (la certification change réellement le comportement) et sa viabilité financière. Le traitement des subventions doit être explicite, pour garantir qu’un même euro public et privé ne finance pas deux fois la même chose.

Le stockage à long terme. L’opérateur doit assurer un monitoring continu et mettre en place un mécanisme de responsabilité en cas de déstockage : généralement un buffer (une part d’unités mises de côté pour être retirées à la place de celles qui seraient déstockées ensuite), ou une assurance. C’est le critère qui traite la question de la permanence, c’est-à-dire la garantie que le carbone stocké le reste dans la durée.

La durabilité. Toute activité doit générer des co-bénéfices pour la biodiversité et la santé des sols. Ce n’est pas une option, mais une condition d’éligibilité, qui ancre le CRCF dans une logique agronomique, et non purement comptable : le cadre est, par conception, plus qu’une affaire de carbone.

La permanence, au cœur du critère de stockage

Le carbone stocké dans un sol est par nature réversible, et le CRCF l’assume en exigeant un monitoring continu et un mécanisme de responsabilité. La qualité d’un programme se jugera donc largement à sa capacité à garantir la durée, et pas seulement à mesurer un stock à un instant donné. C’est un point de convergence avec le LSRS, (Land Sector and Removals Standard) du GHG Protocol, dont les exigences pour les absorptions s’alignent fortement avec celles du CRCF : modèles fondés sur les processus et échantillonnage de sol avec calcul d’incertitude (la mesure et remesure étant aussi acceptée), monitoring continu, et démonstration de causalité côté SBTi FLAG. Nous décryptons ces convergences dans notre webinaire consacré au CRCF et à la norme LSRS.

Au-delà du buffer exigé par le CRCF, qui met de côté une part d’unités pour couvrir d’éventuels déstockages, Soil Capital a conçu un mécanisme distinct, son « Fond de permanence ». C’est une incitation financière qui récompense les agriculteurs pour le maintien de leurs pratiques dans la durée. En alignant l’intérêt financier de l’agriculteur sur le besoin de permanence du marché, il renforce la solidité des allégations des entreprises qui financent ces unités.‍

Ce que cela implique pour les entreprises

Pour les entreprises de l’agroalimentaire, le CRCF apporte un référentiel commun et crédible, directement mobilisable pour le reporting Scope 3 et CSRD (ESRS E1-7). Les unités CRCF peuvent aussi alimenter les dispositifs de subventions publiques et la réglementation, ou appuyer des allégations de contribution (BVCM). Surtout, en réunissant finance publique et privée autour d’un même standard, le CRCF met fin à une situation où les acteurs de l’agroalimentaire étaient souvent les seuls à financer la transition. La certification s’appuie sur une vérification indépendante, ce qui permet aux équipes développement durable de défendre leurs allégations preuves à l’appui, plutôt que de s’en remettre à la seule réputation d’un standard.‍


4. Ce que le CRCF change pour les filières et les agriculteurs

Le grand apport du CRCF est l’unification des financements. Un seul jeu de pratiques, vérifié une fois, devient éligible aux financements privés comme publics. Le règlement reconnaît d’ailleurs les groupements (coopératives, organisations de producteurs) comme acteurs éligibles, avec des audits de groupe qui mutualisent les coûts et ouvrent la certification à des collectifs entiers plutôt qu’à quelques fermes isolées.

Pour une coopérative ou un collecteur, cela ouvre la voie à des modèles où primes de filière, financements privés et soutiens publics se combinent au lieu de s’exclure. C’est un grand pas vers une meilleure économie pour l’agriculteur, et vers la transformation à l’échelle d’une filière entière. Les données produites étant compatibles avec le GHG Protocol et SBTi FLAG, elles servent aussi directement au reporting des entreprises de la chaîne de valeur.‍


5. Soil Capital face au CRCF

Comment Soil Capital s’aligne

Soil Capital est pleinement engagé à se conformer au CRCF dès sa finalisation. Critère par critère, le programme répond déjà aux exigences : sur la quantification, nous utilisons un modèle fondé sur les processus, DNDC (carbone et azote), initialisé par des analyses de sol, avec des absorptions nettes assorties de marges d’incertitude ; sur l’additionnalité, un test public, aligné sur la norme ISO 14064-2 et audité indépendamment, avec un traitement explicite des subventions ; sur le stockage long terme, une permanence appuyée par une télédétection continue, un buffer qui met de côté une part d’unités pour couvrir d’éventuels déstockages, et le Permanence Fund, une incitation financière distincte pour que les agriculteurs maintiennent leurs pratiques dans la durée ; sur la durabilité, le suivi de la biodiversité, de la santé des sols et de l’eau via les indicateurs Beyond Carbon.

Le programme de Soil Capital est déjà validé au regard de standards reconnus : il est aligné sur la norme ISO 14064-2 et a été évalué par SustainCERT au regard du GHG Protocol Scope 3 Standard et du projet de LSRG. Nous nous appuierons sur ces alignements existants pour confirmer la conformité CRCF une fois la méthodologie finale adoptée. Selon leurs besoins, les entreprises s’engagent par l'insetting pour réduire leur Scope 3 au sein de leur bassin d’approvisionnement, ou par la contribution au-delà de celui-ci.

Votre chaîne de valeur est-elle prête pour le CRCF ?

Évaluez votre niveau de préparation en deux minutes avec notre auto-évaluation CRCF (uniquement disponible en version anglaise). Vous obtenez un score indicatif et quelques pistes personnalisées, et surtout une lecture claire du facteur le plus déterminant : la qualité du MRV de votre partenaire de certification et des unités CRCF qu’il peut délivrer.‍

Découvrez dans quelle mesure votre chaîne de valeur est prête pour le CRCF, ainsi que le facteur déterminant pour votre conformité. Deux minutes, c'est gratuit.
Obtenez gratuitement votre score de préparation au CRCF

Foire aux questions sur le CRCF

Le CRCF est-il obligatoire ?

Non. Le CRCF est un cadre volontaire de certification. Mais c’est le premier standard de qualité européen soutenu par les pouvoirs publics, et il est activement intégré à la politique climatique de l’Union, ce qui en fait la référence de qualité vers laquelle le marché converge.‍

Que certifie exactement le CRCF dans le domaine de l'agriculture ?

Le CRCF certifie des absorptions et des réductions d’émissions de carbone des sols, sous forme d’unités CRCF, à partir d’un seul jeu de pratiques vérifié une fois. Chaque projet doit aussi améliorer la santé des sols et la biodiversité. Ces unités peuvent ensuite servir au reporting Scope 3 et CSRD, à l’intégration aux dispositifs de subventions publiques et à la réglementation, ou à des allégations de contribution (BVCM).


Qu'est-ce que le LSRS, et quel est son lien avec le CRCF ?

Le LSRS (Land Sector and Removals Standard) est la norme du GHG Protocol pour la comptabilité carbone du secteur des terres dans le reporting d’entreprise. Ses exigences pour les absorptions s’alignent fortement avec celles du CRCF (modèles fondés sur les processus, échantillonnage de sol, incertitude, monitoring continu), ce qui permet de bâtir une démarche cohérente entre certification et reporting.


Quand les premières unités CRCF destinées à l'agriculture seront-elles livrées ?

L’acte délégué méthodologique est attendu pour l’été 2026, suivi de la période d’examen par le Parlement européen et le Conseil à l’automne 2026 et de la reconnaissance des schémas de certification à partir du premier trimestre 2027. Les premières unités CRCF, issues de la récolte 2027, devraient parvenir aux acheteurs au premier semestre 2028.


Conclusion

Le CRCF marque un tournant pour le carbone agricole européen : pour la première fois, un standard de qualité soutenu par les pouvoirs publics réunit finance publique et privée autour d’un même référentiel, mobilisable pour le reporting Scope 3, les dispositifs de subventions publiques et la contribution. Ses quatre critères de qualité, sa montée en puissance dans la politique européenne et son calendrier désormais clair en font la nouvelle référence du marché, et une référence qui, par conception, récompense la santé des sols et la biodiversité autant que le carbone.

Pour une filière comme pour une entreprise, la conclusion est la même : les premières unités certifiées viendront de la récolte 2027, et se préparer dès maintenant, en fiabilisant la donnée et en accompagnant les agriculteurs, c’est se donner les moyens de faire partie de la première vague.

Pour aller plus loin : regardez notre webinaire sur le CRCF et le LSRS, ou découvrez comment réduire vos Scope 3 via l’insetting au sein de votre bassin d’approvisionnement.


Sources

  1. Règlement (UE) n° 2024/3012 instituant le CRCF, EUR-Lex.
  2. Commission européenne, Élimination du carbone et agriculture carbone (Action pour le climat).
  3. Commission européenne, communication Une vision pour l'agriculture et l'alimentation (COM/2025/75, février 2025).
  4. La DG CLIMA et Deloitte, Soutien à la conception d’options stratégiques en matière d’incitations financières pour l’agriculture carbone (Office des publications de l’UE, 2025).
  5. Commission européenne, Club des acheteurs CRCF de l'UE (mis à jour en juin 2026).
  6. Protocole sur les gaz à effet de serre (GHG Protocol), norme relative au secteur foncier et aux absorptions (LSRS).
  7. Soil Capital: conformité avec le Protocole sur les gaz à effet de serre validée par SustainCERT.
  8. Alliance pour le climat et l'agriculture (CAA).
  9. Soil Capital, Fonds pour la pérennité du carbone dans les sols : pourquoi le suivi seul ne suffit pas.

Prêt à pérenniser votre stratégie en matière de climat et d'agriculture régénérative ?
Contactez notre équipe

Faites un pas vers nous

S'inscrire à l'événement

Merci!
Accédez au contenu maintenant :
Oups ! Un problème s'est produit lors de l'envoi du formulaire.
croix noire