





Partout dans le monde, les agriculteurs adoptent des approches de plus en plus régénératrices dans la conduite de leurs exploitations. Cela signifie allonger les rotations, implanter des couverts végétaux, passer en travail simplifié ou en semis direct, parfois investir dans du matériel. Chacun de ces leviers exige un investissement initial et comporte un risque agronomique et financier. Ce dernier est trop souvent porté par l’agriculteur. Quant aux bénéfices sur la structure du sol et sur les charges d'intrants, ces derniers mettent en général plusieurs années à s'installer.
Les entreprises agroalimentaires investissent elles aussi pour accompagner les agriculteurs dans cette transition, via le financement dit d'insetting : investir dans des réductions d'émissions à l'intérieur de sa propre chaîne d'approvisionnement, plutôt que d'acheter des compensations à l'extérieur. Pour que l'agriculture régénératrice continue de se déployer au rythme qu'exige la transition, il faut des approches innovantes du financement et de l'investissement tout au long de la chaîne de valeur alimentaire, y compris sur les modalités d'insetting. Jusqu'ici, celles-ci ont surtout été unilatérales : une entreprise finance seule la transition chez ses propres fournisseurs et porte à la fois le coût, le risque et la charge de preuve, pour un signal de marché limité à sa part du volume.
Le co-investissement change l'équation. Deux acteurs ou plus d'une même chaîne de valeur financent la transition ensemble, partagent l'investissement, partagent la responsabilité des résultats, et envoient à l'agriculteur un signal qu'aucun acheteur ne peut envoyer seul. Chacun d'eux le fait pour un retour. Aucun des deux partenaires ne compense : chacun intègre les réductions dans son propre inventaire scope 3.
« Le co-investissement est une opportunité considérable pour les acteurs de tous les maillons des filières agroalimentaires : il permet de débloquer des progrès plus importants et plus rapides vers leurs objectifs régénératifs. Nous sommes heureux d'avoir aidé deux partenaires de valeur à conclure cet accord qui peut servir de modèle à ceux qui veulent passer de la théorie à la pratique sur le co-investissement. »
Chuck De Liedekerke, CEO et co-fondateur, Soil Capital
Ce co-investissement
Les programmes sur lesquels il s'appuie

Y parvenir a supposé de lever quelques obstacles pratiques. Royal Canin et Roquette interviennent à des stades différents de la chaîne de valeur et n'utilisent pas les mêmes approches d'allocation des émissions. Royal Canin applique l'allocation économique, courante dans le petfood, tandis que Roquette applique l'allocation massique, courante dans l'industrie amidonnière. Leurs chiffres ne sont donc pas directement comparables.
Le déclic a été de reconnaître que l'alignement méthodologique n'avait pas à être un préalable à la collaboration.
Plutôt que d'imposer à l'une des entreprises d'adopter l'approche de l'autre, Soil Capital fournit les mêmes données de terrain sous les deux systèmes de calcul, ce qui permet à chacune d'utiliser des données vérifiées conformément à sa propre méthodologie comptable et aux orientations qui lui sont applicables.
Cela peut paraître technique, mais c'est déterminant. Les différences d'approches comptables constituent un obstacle concret à l'investissement dans des chaînes d'approvisionnement complexes. Ce partenariat montre qu'une harmonisation complète n'est pas toujours nécessaire. Ce qui compte, ce sont des données primaires fiables, des règles claires sur les allégations, et un système qui permet à des entreprises différentes d'utiliser ces preuves de manière crédible dans leurs propres cadres de reporting.
Voir une marque de produit fini et son fournisseur s'engager ensemble, sur plusieurs années, change la lecture qu'un agriculteur fait de la demande. Elle cesse de ressembler à la simple décision d'achat d'un client pour s’apparenter à une direction de marché. C'est cette visibilité qui permet de justifier un investissement matériel ou de prendre le risque agronomique de tester une nouvelle culture ou pratique. S'y ajoutent un accompagnement individualisé par les agronomes de Soil Capital et une rémunération basée sur des résultats vérifiés plutôt que sur des pratiques déclarées. Les résultats varient d'une exploitation et d'une année à l'autre.
Sébastien Neveux exploite 330 hectares à Rugny, dans l'Yonne, sur sols argilo-calcaires. Après une récolte désastreuse en 2020, il est passé en semis direct et a élargi son assolement d'une rotation à 3 cultures à une quinzaine d'espèces : blé, colza, tournesol, luzerne, lentilles, pois chiches et sarrasin notamment, avec des couverts multi-espèces entre les cultures de rente.
« Voir des partenaires comme Roquette et Royal Canin s'engager à nos côtés dans cette transition aujourd'hui, c'est essentiel : cela prouve que la valeur environnementale créée sur le terrain est enfin reconnue par l'aval de la filière. »
Sébastien Neveux, agriculteur céréalier
L'effet combiné est simple. Les émissions agricoles deviennent difficiles à laisser hors des comptes, et la pression pèse sur la filière entière plutôt que sur une entreprise isolée. Les données primaires collectées au niveau de la ferme et vérifiées de façon indépendante deviennent la base du reporting scope 3, pas un supplément, et elles sont le socle sur lequel repose une allégation partagée.
La structure du montage est volontairement réplicable. Elle s'applique à d'autres cultures, d'autres géographies et d'autres configurations fournisseur-acheteur, dès lors que deux acteurs partagent une filière agricole et un intérêt commun à réduire leur scope 3. Ce qui rend le montage digne d'être répliqué, ce n'est pas le coût partagé, c'est le fait que chaque partenaire puisse construire son propre retour à l'intérieur de l'accord, sans qu'aucun des deux ait à facturer le produit fini plus cher. Royal Canin et Roquette ont commencé par une culture et un pays. Le premier accord est toujours le plus difficile à construire, parce que tout est à inventer : les règles de partage des allégations, les flux de données, la rédaction contractuelle. Les suivants iront plus vite.
« L'ambition, c'est que ce partenariat puisse amener d'autres fournisseurs à faire la même chose. Il s'agit d'élargir l'impact, et au bout du compte d'apporter plus de bénéfices aux agriculteurs. »
Rémi Rocca, Global VP Sustainability, Royal Canin
Cinq conditions ont fait fonctionner ce premier accord. Elles sont décrites une à une dans l'étude de cas.

Deux acteurs ou plus d'une même chaîne de valeur financent ensemble la transition régénératrice des fermes qu'ils partagent, au lieu qu'une seule entreprise la finance seule. Le coût, le risque et la responsabilité sont partagés, et les résultats sont répartis entre les partenaires selon des règles définies à l'avance.
L'insetting désigne le lieu de l'investissement, à l'intérieur de sa propre chaîne d'approvisionnement plutôt qu'à l'extérieur. Le co-investissement désigne qui paie. Un co-investissement est une forme d'insetting financée par plusieurs acteurs de la filière à la fois.
Chaque entreprise ne revendique que la part des résultats qu'elle finance, selon des règles de partage arrêtées avant la signature du contrat. Les certificats correspondants sont ensuite retirés dans le registre, ce qui rend chaque allégation traçable et réduit le risque qu'une même réduction soit revendiquée deux fois.
Oui. Les réductions et absorptions sont quantifiées conformément à la norme ISO 14064-2, norme internationale de comptabilisation des gaz à effet de serre à l'échelle du projet, et les résultats font l'objet d'un audit annuel indépendant par TÜV Rheinland.
Oui. Il suppose une filière agricole partagée, deux partenaires ayant un intérêt commun à réduire leur scope 3, et un opérateur capable de produire des données vérifiées de façon indépendante, utilisables selon la méthode comptable de chacun.



Partout dans le monde, les agriculteurs adoptent des approches de plus en plus régénératrices dans la conduite de leurs exploitations. Cela signifie allonger les rotations, implanter des couverts végétaux, passer en travail simplifié ou en semis direct, parfois investir dans du matériel. Chacun de ces leviers exige un investissement initial et comporte un risque agronomique et financier. Ce dernier est trop souvent porté par l’agriculteur. Quant aux bénéfices sur la structure du sol et sur les charges d'intrants, ces derniers mettent en général plusieurs années à s'installer.
Les entreprises agroalimentaires investissent elles aussi pour accompagner les agriculteurs dans cette transition, via le financement dit d'insetting : investir dans des réductions d'émissions à l'intérieur de sa propre chaîne d'approvisionnement, plutôt que d'acheter des compensations à l'extérieur. Pour que l'agriculture régénératrice continue de se déployer au rythme qu'exige la transition, il faut des approches innovantes du financement et de l'investissement tout au long de la chaîne de valeur alimentaire, y compris sur les modalités d'insetting. Jusqu'ici, celles-ci ont surtout été unilatérales : une entreprise finance seule la transition chez ses propres fournisseurs et porte à la fois le coût, le risque et la charge de preuve, pour un signal de marché limité à sa part du volume.
Le co-investissement change l'équation. Deux acteurs ou plus d'une même chaîne de valeur financent la transition ensemble, partagent l'investissement, partagent la responsabilité des résultats, et envoient à l'agriculteur un signal qu'aucun acheteur ne peut envoyer seul. Chacun d'eux le fait pour un retour. Aucun des deux partenaires ne compense : chacun intègre les réductions dans son propre inventaire scope 3.
« Le co-investissement est une opportunité considérable pour les acteurs de tous les maillons des filières agroalimentaires : il permet de débloquer des progrès plus importants et plus rapides vers leurs objectifs régénératifs. Nous sommes heureux d'avoir aidé deux partenaires de valeur à conclure cet accord qui peut servir de modèle à ceux qui veulent passer de la théorie à la pratique sur le co-investissement. »
Chuck De Liedekerke, CEO et co-fondateur, Soil Capital
Ce co-investissement
Les programmes sur lesquels il s'appuie

Y parvenir a supposé de lever quelques obstacles pratiques. Royal Canin et Roquette interviennent à des stades différents de la chaîne de valeur et n'utilisent pas les mêmes approches d'allocation des émissions. Royal Canin applique l'allocation économique, courante dans le petfood, tandis que Roquette applique l'allocation massique, courante dans l'industrie amidonnière. Leurs chiffres ne sont donc pas directement comparables.
Le déclic a été de reconnaître que l'alignement méthodologique n'avait pas à être un préalable à la collaboration.
Plutôt que d'imposer à l'une des entreprises d'adopter l'approche de l'autre, Soil Capital fournit les mêmes données de terrain sous les deux systèmes de calcul, ce qui permet à chacune d'utiliser des données vérifiées conformément à sa propre méthodologie comptable et aux orientations qui lui sont applicables.
Cela peut paraître technique, mais c'est déterminant. Les différences d'approches comptables constituent un obstacle concret à l'investissement dans des chaînes d'approvisionnement complexes. Ce partenariat montre qu'une harmonisation complète n'est pas toujours nécessaire. Ce qui compte, ce sont des données primaires fiables, des règles claires sur les allégations, et un système qui permet à des entreprises différentes d'utiliser ces preuves de manière crédible dans leurs propres cadres de reporting.
Voir une marque de produit fini et son fournisseur s'engager ensemble, sur plusieurs années, change la lecture qu'un agriculteur fait de la demande. Elle cesse de ressembler à la simple décision d'achat d'un client pour s’apparenter à une direction de marché. C'est cette visibilité qui permet de justifier un investissement matériel ou de prendre le risque agronomique de tester une nouvelle culture ou pratique. S'y ajoutent un accompagnement individualisé par les agronomes de Soil Capital et une rémunération basée sur des résultats vérifiés plutôt que sur des pratiques déclarées. Les résultats varient d'une exploitation et d'une année à l'autre.
Sébastien Neveux exploite 330 hectares à Rugny, dans l'Yonne, sur sols argilo-calcaires. Après une récolte désastreuse en 2020, il est passé en semis direct et a élargi son assolement d'une rotation à 3 cultures à une quinzaine d'espèces : blé, colza, tournesol, luzerne, lentilles, pois chiches et sarrasin notamment, avec des couverts multi-espèces entre les cultures de rente.
« Voir des partenaires comme Roquette et Royal Canin s'engager à nos côtés dans cette transition aujourd'hui, c'est essentiel : cela prouve que la valeur environnementale créée sur le terrain est enfin reconnue par l'aval de la filière. »
Sébastien Neveux, agriculteur céréalier
L'effet combiné est simple. Les émissions agricoles deviennent difficiles à laisser hors des comptes, et la pression pèse sur la filière entière plutôt que sur une entreprise isolée. Les données primaires collectées au niveau de la ferme et vérifiées de façon indépendante deviennent la base du reporting scope 3, pas un supplément, et elles sont le socle sur lequel repose une allégation partagée.
La structure du montage est volontairement réplicable. Elle s'applique à d'autres cultures, d'autres géographies et d'autres configurations fournisseur-acheteur, dès lors que deux acteurs partagent une filière agricole et un intérêt commun à réduire leur scope 3. Ce qui rend le montage digne d'être répliqué, ce n'est pas le coût partagé, c'est le fait que chaque partenaire puisse construire son propre retour à l'intérieur de l'accord, sans qu'aucun des deux ait à facturer le produit fini plus cher. Royal Canin et Roquette ont commencé par une culture et un pays. Le premier accord est toujours le plus difficile à construire, parce que tout est à inventer : les règles de partage des allégations, les flux de données, la rédaction contractuelle. Les suivants iront plus vite.
« L'ambition, c'est que ce partenariat puisse amener d'autres fournisseurs à faire la même chose. Il s'agit d'élargir l'impact, et au bout du compte d'apporter plus de bénéfices aux agriculteurs. »
Rémi Rocca, Global VP Sustainability, Royal Canin
Cinq conditions ont fait fonctionner ce premier accord. Elles sont décrites une à une dans l'étude de cas.

Deux acteurs ou plus d'une même chaîne de valeur financent ensemble la transition régénératrice des fermes qu'ils partagent, au lieu qu'une seule entreprise la finance seule. Le coût, le risque et la responsabilité sont partagés, et les résultats sont répartis entre les partenaires selon des règles définies à l'avance.
L'insetting désigne le lieu de l'investissement, à l'intérieur de sa propre chaîne d'approvisionnement plutôt qu'à l'extérieur. Le co-investissement désigne qui paie. Un co-investissement est une forme d'insetting financée par plusieurs acteurs de la filière à la fois.
Chaque entreprise ne revendique que la part des résultats qu'elle finance, selon des règles de partage arrêtées avant la signature du contrat. Les certificats correspondants sont ensuite retirés dans le registre, ce qui rend chaque allégation traçable et réduit le risque qu'une même réduction soit revendiquée deux fois.
Oui. Les réductions et absorptions sont quantifiées conformément à la norme ISO 14064-2, norme internationale de comptabilisation des gaz à effet de serre à l'échelle du projet, et les résultats font l'objet d'un audit annuel indépendant par TÜV Rheinland.
Oui. Il suppose une filière agricole partagée, deux partenaires ayant un intérêt commun à réduire leur scope 3, et un opérateur capable de produire des données vérifiées de façon indépendante, utilisables selon la méthode comptable de chacun.

